À la recherche de données SIGH canadiennes

Depuis plusieurs années, des quantités appréciables de données géohistoriques ont été créées par les chercheurs qui s’intéressent au Canada. Alors que l’on réfléchit à la création d’une infrastructure géohistorique nationale, il est pertinent d’identifier les jeux de données à différentes échelles qui pourront nourrir un tel portail. La démarche actuelle vise donc à faire connaître les jeux de données existants et disponibles. Si, à terme, il serait préférable d’énumérer et de décrire chaque couche et chaque table de données attributaires, il n’est pas nécessaire, en ce moment, d’aller à un niveau de granularité aussi fin. Nous espérons plutôt, à cette étape, identifier les collections découlant de différents projets de recherches ou de mise en ligne des données numériques déjà géoréférencées comme celles-ci :

  • cartes géographiques matricielles
  • photographies aériennes
  • couches vectorielles
  • données attributaires liées à des couches vectorielles

Nous avons déjà identifié une série de données offertes par différents types de créateurs, question de présenter une diversité dans la nature et les types de données qui peuvent intéresser les chercheurs. Ainsi, on y retrouve :

  • des données internationales de qualité (FAO)
  • des données issues de projets de cartographie collaborative (Open Street Map, Natural Earth)
  • des données disponibles sur les sites d’entreprises en SIG (ESRI)
  • des données nationales (gouvernement du Canada, Géogratis)
  • des données provinciales ou territoriales (Colombie-Britannique, Yukon, Québec, Nouvelle-Écosse, Île-du-Prince-Édouard, Nouveau-Brunswick)
  • des données municipales (Toronto, Montréal, Sherbrooke)
  • des données d’équipes de recherche (CIEQ, NICHE, LHPM, MAP, VIHistory)
  • des données de cartothèques et de centres d’archives (Scholars’ Geoportal, MADGIC, GéoIndex+)
  • des données d’initiatives personnelles (lignes de chemins de fer historiques)

Le choix des métadonnées à associer à chaque jeu de données nous amène à faire des compromis. Un niveau de détail insuffisant ne permettrait pas de faire des recherches efficaces alors qu’un niveau de détail trop grand pourrait décourager les créatrices et les créateurs de données qui ne sont pas formés pour créer des métadonnées qui répondent aux standards internationaux. Selon Rodolphe Devillers, six caractéristiques sont nécessaires pour définir la qualité d’un jeu de données géospatiales1.

i. Définition : Permet d’évaluer si la nature exacte d’une donnée et de l’objet qu’elle décrit, c.à.d. le « quoi », correspond aux besoins (définitions sémantique, spatiale et temporelle);

ii. Couverture : Permet d’évaluer si le territoire et la période pour lesquels la donnée existe, c.à.d. le « où » et le « quand », correspondent aux besoins ;

iii. Généalogie : Permet de connaître d’où provient une donnée, ses objectifs d’acquisition, les méthodes utilisées pour l’obtenir, c.à.d. le « comment » et le « pourquoi », et de voir si cela correspond aux besoins;

iv. Précision : Permet d’évaluer ce que vaut une donnée et si elle est acceptable pour le besoin exprimé (précision sémantique, temporelle et spatiale de l’objet et ses attributs);

v. Légitimité : Permet d’évaluer la reconnaissance officielle et la portée légale d’une donnée et si elles rencontrent les besoins (standards de facto, respect de normes reconnues, reconnaissance légale ou administrative par un organisme officiel, garantie légale par un fournisseur, etc.);

vi. Accessibilité : Permet d’évaluer la facilité avec laquelle l’usager peut obtenir la donnée analysée (coût, délai, format, confidentialité, respect des normes reconnues, droits d’auteur, etc.).

Un standard de métadonnées permettant de répondre à tous ces critères risquerait de rebuter plusieurs personnes qui souhaiteraient rendre leurs données accessibles. Nous proposons donc d’utiliser le format prescrit par le Dublin Core Metadata Initiative, un standard international dont les types de champs sont plus compréhensibles pour les personnes moins familières avec les métadonnées. Nous appliquons et interprétons le DCMI en nous inspirant de la définition générale disponible sur Wikipédia2 et des interprétations de certains champs proposés par la Bibliothèque nationale de France3. L’approche utilisée peut certainement être critiquée, car elle vise une application simple plutôt que la perfection. À la lumière de leur utilisation dans cette liste, nous pourrons évaluer comment revoir ces principes afin d’en arriver au meilleur compromis possible. Les champs n’apparaissent pas dans l’ordre prescrit par le DCMI et certains sont subdivisés afin d’apporter certaines précisions et d’en arriver à un niveau de granularité un peu plus fin.

Tableau 1. Liste des champs utilisés pour décrire les jeux de données

Élément Élément (anglais) Commentaire
Créateur Creator L’entité principalement responsable de la création du contenu de la ressource. Il s’agit du nom d’une ou de plusieurs personnes, d’une organisation ou d’un service.
Format : Nom, Prénom.
Séparer par des points-virgules les multiples entités.

Optionnel

Contributeur Contributor Entité responsable de contributions au contenu de la ressource.
Les exemples de contributeur comprennent une ou plusieurs personnes, une organisation ou un service.
Format : Nom, Prénom.
Séparer par des points-virgules les multiples entités.

Optionnel

Titre Title Nom donné à la ressource.
Le titre est généralement le nom formel sous lequel la ressource est connue.
Utiliser le titre tel qu’indiqué dans la langue d’origine de la ressource.
Si la ressource ne porte pas de titre formel et que le titre inscrit est dérivé du contenu, inscrire le titre entre crochets.

Obligatoire

Description.Générale Description.General Une présentation du contenu de la ressource.
Les exemples de description comprennent, notamment un exposé du contenu en texte libre.
Privilégier la description prévue par les créatrices ou les créateurs de la ressource.

Optionnel

Description.Nature-du-projet Description.Project-type Un mot-clé qui permet de classer les projets selon la typologie suivante :

– gouvernementale
– ONG
– universitaire
– individuelle
– commerciale
– collaborative

Obligatoire

Description.Méthodologie Description.Methodology Un texte suivi décrivant la démarche suivie pour créer la ressource. Optionnel
Description.Sources Description.Sources Énumération des documents qui ont servi à créer la ressource. Ce champ est distinct du champ Source, lequel sert à identifier l’endroit où on peut se procurer la ressource. Optionnel
Description.Champs Description.Fields Liste des champs utilisés dans le tableau ou la base de données, si possible avec description.

Optionnel

Date.Publication Date.Published Date de la création initiale de la ressource. Il ne s’agit pas nécessairement de la date représentée par la ressource.

Obligatoire

Date.Mise-à-jour Date.Updated Date d’un événement de mise à jour dans le cycle de vie de la ressource.

Optionnel

Couverture.Temps Coverage.Time Périmètre ou domaine d’application du contenu de la ressource, dans ce cas-ci, la date, l’année ou la période représentée par la ressource.

Obligatoire

Couverture.Espace Coverage.Space Périmètre ou domaine d’application du contenu de la ressource, dans ce cas-ci le territoire. intervalle de temps) ou une autorité (comme le nom d’une entité administrative). Il est recommandé de sélectionner une valeur dans un vocabulaire contrôlé.

Obligatoire

Couverture.Niveau Coverage.Level Un mot-clé qui permet d’identifier le niveau de couverture spatiale de la ressource :

– international
– national
– provincial
– régional
– municipal
– local

Obligatoire

Sujet.ISO Subject.ISO Un mot-clé permettant d’associer la ressource à une des catégories de classement ISO des données géospatiales.

– agriculture / farming
– biota / biota
– limites administratives / boundaries
– climatologie / climatology
– économie / economy
– élévation / elevation
– environnement / environment
– information géoscientifique / geoscientific information
– santé / health
– imagerie / imagery
– intelligence / intelligence (militaire)
– eaux intérieures / inland waters
– localisation / location
– océans / oceans
– urbanisme / planning
– société / society
– structure / structure
– transport / transportation
– services publics / utilities

Voir : https://geo-ide.noaa.gov/wiki/index.php?title=ISO_Topic_Categories

Obligatoire

Sujet Sujet Un ou des mot-clés permettant de classer la ressource. Optionnel
Format Format La manifestation (ou matérialisation) physique ou numérique de la ressource. Type MIME du document :

– shp
– kml
– kmz
– zip
– csv
– autres formats de données utilisés en SIG

Obligatoire.

Langue Language La langue du contenu intellectuel de la ressource.
Il est recommandé d’utiliser une des valeurs définies dans la RFC 3066 [RFC3066] qui, avec la norme ISO 639 [ISO639], définit des codes de langues primaires à deux, ainsi que des sous-codes facultatifs.
Exemples :- en
– fr

Obligatoire

Type de ressource Type Genre de contenu.
Par défaut, les ressources identifiées dans le cadre de ce projet font partie du type dataset (jeu de données).

Obligatoire

Droits.Licence Rights.License Identification brève du type de licence qui s’applique aux données :

– copyright
– CC (ou une ses variantes)
– domaine public
– ouverte

Obligatoire

Droits.Accessibilité Rights.Access Un des termes suivants permettant d’identifier la nature de l’accès aux données.

– gratuit
– payant
– abonnement gratuit
– abonnement payant

Obligatoire

Droits.Conditions d’utilisation Rights.Terms of use Texte copié et collé du site même pour préciser les conditions d’utilisation prescrites par l’équipe de création. Optionnel
Source Source Emplacement à partir duquel on peut obtenir la ressource. La source sera généralement un URL.
Un champ Source.URI pourra être ajouté si cela s’avère pertinent.

Obligatoire

Relation Relation Lien avec d’autres ressources. Une ressource peut être dérivée d’une autre ou être associée à une autre dans le cadre d’un projet.
Exemples : isPartOf [numéro de l’autre ressource]
isChildOf [numéro de l’autre ressource]
isDerivedFrom [numéro de l’autre ressource]

Optionnel

Éditeur Publisher Nom de la personne, de l’organisation ou du service à l’origine de la publication du document.

Optionnel

Commentaire Comment Tout information complémentaire qui permet de mieux comprendre la ressource.

Optionnel

Une liste de ressources déjà identifiées est disponible ici : http://bit.ly/2rlIkRC.
Certaines notices sont incomplètes et nous travaillerons à les compléter. Si vous désirez proposer un jeu de données, vous pourrez le faire en remplissant le formulaire suivant disponible ici : http://geohist.ca/donnees-sigh-hgis-data-form

1  DEVILLERS, Rodolphe (2004). « Conception d’un système multidimensionnel d’information sur la qualité des données géospatiales », [En ligne], Ph. D., Université Laval <http://theses.ulaval.ca/archimede/fichiers/22242/22242.html>.

2  Collaborateurs de Wikipédia (2016). « Dublin Core » <https://fr.wikipedia.org/wiki/Dublin_Core#Liste_des_.C3.A9l.C3.A9ments_et_raffinements>.

3  Bibliothèque nationale de France, Direction des Services et des Réseaux, Département de l’Information bibliographique et numérique (2008). « Guide d’utilisation du Dublin Core (DC) à la BnF : Dublin Core simple et Dublin Core qualifié, avec indications pour utiliser le profil d’application de TEL », version 2.0 <http://www.bnf.fr/documents/guide_dublin_core_bnf_2008.pdf>.

OCUL publie plus de 1000 cartes topographiques anciennes de l’Ontario…

Commentaire de Amber Leahey, Scholars Portal, et Jay Brodeur, McMaster University Library

Le Ontario Council of University Libraries (OCUL1) est heureux d’annoncer la publication d’une collection numérique partagée de plus de 1000 cartes topographiques anciennes de l’Ontario. Cette collection est maintenant disponible en ligne!

Les cartothèques sont vraiment des endroits merveilleux : demandez simplement à un bibliothécaire ou à un membre du personnel qui offre aux clients des services, des conseils et l’accès aux cartes et au matériel cartographique dans les bibliothèques universitaires de l’Ontario. Ou mieux encore, demandez aux innombrables clients qui utilisent l’information vaste et variée des collections pour soutenir leurs activités de recherches, leur éducation, leur travail et leur vie privée. En effet, il y a beaucoup à dire sur l’intérêt des cartes et des SIG pour raconter une histoire avec les anciennes cartes – qui sont très nombreuses – dans les différentes bibliothèques de la province. Avec des collections de cartes aussi riches et diverses, et grâce à la préservation et la numérisation de plus de 1000 cartes topographiques anciennes de l’Ontario, les bibliothèques universitaires continuent de jouer un rôle clé dans la préservation de notre patrimoine national et provincial à l’ère numérique.

Dirigé par la OCUL Geo Community, le Historical Topographic Map Digitization Project est une collaboration à l’échelle de la province pour inventorier, numériser, géoréférencer et offrir un large accès aux cartes topographiques anciennes de l’Ontario. L’initiative représente le projet de numérisation le plus complet de la collection de cartes de la National Topographic Series (NTS) au Canada. La collection accessible au public permet d’accéder à des cartes topographiques géoréférencées aux échelles 1:25000 et 1:63360 (un pouce par mille), couvrant les villes, cités et régions rurales de l’Ontario de 1906 à 1977. En tant que réalisation collective d’individus représentant diverses bibliothèques universitaires de l’Ontario, cette collection partagée illustre l’engagement continu d’OCUL à des approches collaboratives qui améliorent l’accès au savoir à l’intérieur et à l’extérieur de la province. L’achèvement de ce projet sert également d’occasion de réfléchir sur l’histoire de la OCUL Geo Community et de célébrer la vision et les efforts partagés qui ont rendu possible cette réalisation.

La signification des cartes historiques

Tout comme une photographie, une peinture de paysage ou un texte, une carte historique préserve l’information du passé et offre à celui qui la regarde l’occasion d’explorer les façons dont les environnements, les cultures et la connaissance humaine ont changé au fil du temps. Dans le cadre de leur mission, les collections de cartes, les bibliothèques et les archives ont une longue tradition de préservation et d’accès à un large éventail d’informations cartographiques et culturelles.

À l’heure actuelle, les premières cartes topographiques sont une ressource essentielle pour ceux qui s’intéressent aux événements historiques et explorent les changements au fil du temps. Pour de nombreux chercheurs, les historiens locaux, les planificateurs, les conservateurs, les ingénieurs et les firmes de consultants (pour ne citer que quelques-uns), les cartes topographiques historiques fournissent un regard instantané unique d’une période donnée, montrant à la fois des caractéristiques naturelles et construites par l’homme telles que le relief, les cours d’eau, les rivages, les limites géographiques, les routes, les chemins de fer, les maisons, les granges, les lignes électriques, les industries et bien plus encore.

Ottawa’s Changing Landscape and Growth 1906-1948
Compilation animée des premières cartes topographiques de la région d’Ottawa montrant les changements et la croissance entre 1906 et 1948
De la guérison à la numérisation: le rôle de la OCUL Geo Community

Parmi les défis auxquels fait face la production d’une collection numérique aussi complète, il faut s’efforcer d’inventorier et de rassembler des planches qui existent dans une multitude de cartothèques. Compte tenu de la variété et de la quantité de cartes créées pendant une période donnée et de la nature limitée de l’espace de stockage et des budgets, les conservateurs sont tenus de faire des choix prudents (et souvent difficiles!) sur les collections qu’ils développent, délèguent et préservent à travers le temps. En conséquence, de nombreuses institutions ont concentré leurs collections de cartes topographiques autour d’éléments de pertinence et d’importance locales. En Ontario, par exemple, les cartes qui composent la série numérisée – originellement produite par le ministère de la Défense nationale (jusqu’en 1923 : le Département de la Milice et de la Défense) – sont dispersées dans de nombreuses bibliothèques universitaires de l’Ontario. Au fil des ans, les bibliothèques de l’Ontario ont collaboré à l’élaboration d’un inventaire complet des cartes connues de la série existante, en étroite collaboration avec les Archives de l’Ontario et Bibliothèques et Archives Canada plus récemment pour ce projet de numérisation. Que la grande majorité des planches de ces collections pourraient être trouvées dans les établissements OCUL témoigne du travail fondamental des premières communautés Geo et Map.

Prédécesseur de la OCUL Geo Community, le OCUL Map Group (alors connu sous le nom de OULC Map Group) a été créé en 1973 dans le but de communiquer et de collaborer à des projets liés à la cartographie. Parmi leurs initiatives achevées figure la création d’un catalogue collectif de cartes topographiques dans toutes les institutions. L’importance de ce travail pour le succès actuel d’OCUL Geo ne doit pas être négligée, car ces efforts fondamentaux ont permis de coordonner les collections de cartes dans les établissements OCUL et ont contribué à assurer une couverture collective maximale de manière rentable et économique. Aujourd’hui, la OCUL Geo Community poursuit les objectifs de son prédécesseur, en s’engageant à favoriser le dialogue autour de questions importantes telles que les meilleures pratiques pour la numérisation des cartes dans les bibliothèques, l’accès aux cartes et les SIG pour la recherche et collaboration sur une variété d’activités de la bibliothèque dans ces domaines.

Dans l’avenir, le groupe envisage s’engager avec la grande communauté canadienne en cartographie au sujet du projet, en particulier lors de la prochaine Conférence Carto 2017 de l’Association des cartothèques et archives cartographiques du Canada à Vancouver, en juin (site web de l’ACACC). Le groupe espère identifier les occasions de construire sur le projet, s’engager avec d’autres bibliothèques universitaires et archives pour numériser des cartes de cette collection nationale.

Nous sommes très enthousiastes face à la publication de cette collection, veuillez nous faire savoir comment vous comptez utiliser les cartes dans vos prochains projets. Pour plus d’informations ou pour contacter les membres du projet, écrivez à topomaps@scholarsportal.info.

Nous espérons avoir de vos nouvelles!

1 Ocul est un consortium de 21 bibliothèques universitaires en Ontario qui favorise la collaboration autour des activités et des services de la bibliothèque, y compris les collections de cartes et de SIG, la numérisation et la conservation numérique. Les bibliothèques universitaires de l’Ontario ont travaillé ensemble par l’intermédiaire de OCUL sur des initiatives comme celle-ci depuis 1967. En 2017, OCUL célèbre son 50e anniversaire et ce projet démontre le succès de cette collaboration.

Le Neptis Geoweb: un aperçu derrière les scènes dans le cadre sous-jacent

Commentaire publié par Vishan Guyadeen, Neptis FoundationNeptis est un des partenaires du Projet de Partenariat canadien en SIG historique.

Nous sommes dans une ère de données. Des données provenant de différents champs, de qualité variable et de types divers sont de plus en plus disponibles. Cependant, dans de nombreux cas, il peut être difficile de recueillir des informations précieuses à partir de données, car il est possible que l’on ne puisse pas facilement le visualiser ou le comparer avec d’autres ensembles de données.

En étudiant les forces qui forment et qui façonnent les régions urbaines, il est particulièrement difficile de contextualiser les données, car elles existent dans de nombreux endroits différents. Neptis Geoweb est une plate-forme interactive de cartographie et de visualisation de données qui vise à résoudre ce problème. Spécifique à la région de Toronto, Geoweb utilise des données qui sont normalement éparpillées dans diverses organisations gouvernementales afin de rendre les politiques complexes qui façonnent la région plus accessible et plus facile à comprendre.

Un sujet qui nécessite des données souvent difficiles à obtenir, à comprendre et à visualiser est l’histoire du Grand fer à cheval doré (Greater Golden Horseshoe). Neptis Geoweb a une caractéristique unique: la chronologie guide l’utilisateur à travers les politiques et les événements marquants qui ont contribué à façonner la région dans son état actuel. La chronologie est une fonction interactive qui décrit et permet de visualiser les jalons dans le contexte régional. Les utilisateurs peuvent également comparer ces couches de cartes historiques avec d’autres ensembles de données actuelles et historiques pour un contexte plus poussé.

Neptis Geoweb showing historical information about Region of Niagara, keyed to timeline below map
Dans Neptis Geoweb, informations historiques sur la région de Niagara liées au calendrier sous la carte

La création d’une plate-forme capable de présenter et de gérer de grandes quantités de données n’est pas une tâche facile. Neptis Geoweb a été construit avec un cadre entièrement personnalisé, ce qui permet un accès facile, des données claires et à jour, ainsi que la possibilité de maintenir différents types de contenus (cartes, graphiques, texte, etc.). Il existe deux principaux composants sous-jacents qui rendent cela possible.

Le premier composant de Neptis Geoweb, le plus important, est Carto (anciennement CartoDB). Carto est une plate-forme SIG basée sur le « cloud » qui héberge et interroge toutes les couches de données sur le Geoweb. Carto a été utilisé, car c’est une plate-forme puissante et flexible qui est facile à utiliser. Par exemple, Carto permet de manipuler rapidement des données en ligne à l’aide du SQL et de visualiser des données spatiales à l’aide d’une interface utilisateur conviviale ou d’un éditeur CartoCSS avancé (voir la capture d’écran ci-dessous). De plus, Carto offre à Geoweb la flexibilité d’utiliser différents types de données et la possibilité d’interagir en toute transparence avec d’autres plates-formes telles que Leaflet, MapBox et OpenStreetMaps. Ces plates-formes supplémentaires améliorent la fonctionnalité globale de Geoweb. Carto offre de nombreux avantages à Geoweb tout en conservant une facilité d’utilisation générale qui n’exige pas toujours un professionnel en SIG.

Carto graphic interface for editing layer graphics using CartoCSS (one of several methods)
Interface graphique Carto pour l’édition de graphiques de couches utilisant CartoCSS (une des nombreuses méthodes)

Le deuxième composant, l’interface d’administration de Neptis Geoweb, a été conçu sur mesure par les développeurs Carto afin d’organiser et d’entretenir les couches de cartes et d’autres contenus non spatiaux. Le personnel de Neptis est en mesure de préparer, organiser et entretenir des contenus tels que les couches cartographiques, les profils de données municipaux et les récits courts. Lorsqu’il s’agit de grandes quantités de données brutes et de couches de cartes, il est essentiel d’avoir un moyen de gérer le contenu. L’interface d’administration contient des formes simples qui composent le contenu affiché sur Neptis Geoweb. La capture d’écran ci-dessous montre une partie du formulaire requis lors de la création et de la mise à jour des couches de la carte.

Neptis Geoweb custom administrative interface - form for New Layer
Interface d’administration personnalisée de Neptis Geoweb – formulaire pour une nouvelle couche

Ceci est une brève introduction à Neptis Geoweb et les deux composants principaux qui en font une plate-forme efficace. Comme Carto et la cartographie Web dans son ensemble, Neptis Geoweb est un projet en évolution. Au fur et à mesure que de nouvelles données sont disponibles, qu’il s’agisse de zones locales, de région ou au-delà, l’intention est de continuer à enrichir le Geoweb.

Le projet Lost Rivers: L’affaire Holly Brook

Commentaire de John Wilson, Lost Rivers Project

Il y a quelques semaines, mon amie Jeanne Doucette m’a envoyé un courrier électronique amusant ayant comme sujet “Holly Brook”. Il comprenait une coupure du Toronto Star du 11 avril 1907 faisant état de la demande de la ville de construire un drain sur la propriété de Phillips Manufacturing Company sur l’Avenue Carlaw. Le drain détournerait un cours d’eau naturel qui coulait près de l’endroit où l’entreprise voulait jeter les bases de son nouveau bâtiment d’usine. Aussi attachée au courrier électronique était une photo composite du visage de Joanne avec un corbeau mort apparemment posé sur ses lèvres.

Maintenant, Joanne Doucette n’a pas besoin de manger du corbeau. Elle est sans doute la principale historienne de Leslieville. Elle a littéralement écrit le livre Pigs, Flowers and Bricks: A History of Leslieville to 1920. Cependant, Joanne et moi avions un désaccord de longue date quant à l’emplacement exact de Holly Brook a.k.a. Heward Creek, l’une des douzaines de « rivières perdues » qui drainent le secteur riverain de l’est de Toronto entre Scarborough Bluffs et la Rivière Don.

Déterminer le(s) cours antérieur(s) des ruisseaux et des rivières que les ingénieurs de la ville ont enterré, détourné ou autrement détruit pour préparer le terrain pour construire notre ville rationnelle et sa structure en grille est le travail autoproclamé d’un regroupement de marcheurs de « Lost River » associé à la société à but non lucratif Toronto Green Community. Le travail implique des recherches itératives, des recherches sur le terrain, des collaborations, des activités de sensibilisation et de la documentation. Lost River est un projet fondé par Helen Mills, reconnaissable en grande partie en raison du site Web lostrivers.ca créé par Peter Hare. Aujourd’hui, le site Web nécessite une mise à jour complète, mais le projet avance en grande partie grâce à la diligence du programme Lost River Walks auquel je contribue. Nous sommes une petite communauté d’activistes et d’universitaires, d’urbanistes et de naturalistes, nous sommes tous historiens géographes d’une certaine façon.

Sur Holly Brook, il existe une cartographie contradictoire. Le ruisseau est le cours d’eau à l’extrémité est le plus proche de la Rivière Don et du centre de Toronto.

Cours d’eau de l’extrémité est de Toronto superposé à Google Maps (pour ouvrir une version interactive dans un nouvel onglet, cliquez sur la carte)

Avec l’urbanisation, il a été complètement rempli assez tôt, vers la fin des années 1800. Les cours inférieurs du ruisseau ont été sévèrement altérés par les opérations de briquetage de John Russell. Les cartes émises par le bureau de l’ingénieur de la ville dans les années 1890 ont montré un cours d’eau qui coule au sud entre Gerrard et la Rue Queen, à l’est de Carlaw, comme indiqué dans cette carte.

Map issued by the City Engineer’s office in 1899
Carte émise par le bureau de l’ingénieur de la ville en 1899

Mais une carte, un plan d’enquête du lot 13 daté de 1884 (mais comprenant des indications internes comme quoi elle est basée sur un sondage réalisé beaucoup plus tôt), détaille le cours d’eau qui coule à l’ouest de Carlaw jusqu’à ce qu’il traverse l’emplacement du bâtiment Philips en 1907 comme discuté dans la coupure du Toronto Star.

Plan d’enquête modifié du lot 13, 1884 (Cliquez sur l’image pour voir le plan complet dans un nouvel onglet)

J’ai passé de nombreuses heures à voyager dans les rues de la ville et à la recherche de panneaux de rivières perdues et de ravins. Mon observation au niveau de la rue du parcours de Holly Brook était simple – quel que fût ce qu’avait dessiné l’ingénieur de la ville sur les cartes des années 1890, l’eau ne coule pas vers le haut!. Pour comprendre l’histoire du bassin hydrographique de Holly Brook, une autre hypothèse est nécessaire, une qui correspond aux données du Plan d’enquête du lot 13.

Pour les amateurs de rivières perdues, ce type d’exploration est plus une passion qu’un passe-temps. Notre banque de données, créée à partir d’explorations et partagée avec des collègues de Lost River Walks, représente des ensembles de données encore sous-documentés dans la mise en couches d’informations géographiques qui se regroupent, par exemple, dans le Don Valley Historical Mapping Project, un partenaire engagé.

Le cours historique de Holly Brook peut sembler uniquement scolaire, mais mon expérience est que ce type d’enquête nous apprend des leçons précieuses sur la construction de notre ville et sur la façon de vivre durablement au sein de notre communauté. Cela nous aide à exprimer des valeurs importantes sur notre place et la place de la nature dans l’environnement urbain du 21e siècle.

Aujourd’hui, les jeunes qui vivent dans des ménages d’un, de deux et parfois plus recolonisent les anciens bâtiments de l’usine sur l’avenue Carlaw. De l’autre côté de l’ancien site de Phillips Manufacturing Company, où Holly Brook a miné les fondations, le bâtiment de lithographie Rolph-Clark-Stone abrite aujourd’hui une nouvelle communauté de condominiums de Leslieville. Combien sont perplexes par les fenêtres profondes du sous-sol qui font face à Carlaw qui regarde au-dessous du niveau du trottoir? Ces fenêtres semblent refléter la condition au moment de la construction lorsque la fondation du bâtiment a été située au-dessous du niveau actuel de la rue, enterrée profondément dans l’ancien lit de Holly Creek.

Ce type d’observation démontre comment Lost Rivers fournit des indices sur la raison pour laquelle la ville a été construite comme elle l’a été. D’autres exemples communs viennent de la grille de la rue. La principale structure rectiligne de Toronto est troublée lorsque les rues sont brisées (la rue Clair par exemple) ou mystérieusement déviées (College par exemple) pour accommoder un croisement de ruisseaux. De même, les rues diagonales hors grilles suivent souvent une hauteur de terrain entre les cours d’eau (comme les rues Vaughan et Danforth). L’ingénierie des lignes ferroviaires a dû tenir compte des formes de relief créées par les cours d’eau. Ces décisions ont des répercussions sur la construction de villes qui fait écho au fil des siècles.

Les effets de Holly Brook ont récemment “fait surface” à nouveau. La Division des transports de Toronto et le TTC planifient un métro « Relief Line » (parfois appelé « Downtown Relief »). La ligne se déroulera au sud de la station Pape à l’avenue Danforth, mais les intervenants de Leslieville débattent sur un choix entre une orientation Pape ou Carlaw pour le tunnel de métro. Pape est une rue résidentielle calme près de Queen, tandis que Carlaw est une artère animée et mixte. Il semble que Carlaw soit un meilleur choix pour le tunnel, sauf pour un problème. Au-dessous de Carlaw, il y a un égout combiné (eaux pluviales et sanitaires) – le reste de Holly Brook enterré qui coule au sud de Playter Estates, passé le parc Withrow, à travers Riverdale. En outre, un égout combiné est-ouest le long de la rue Gerrard détourne la partie des débuts vers l’usine de traitement de la baie d’Ashbridge. Une ligne de métro au-dessous de Pape pourrait être percée au-dessous de ces conduites d’égout, mais le long de Carlaw, ces égouts devraient être reconstruits. Quel est le coût supplémentaire pour la construction au-dessous de Carlaw, où Holly Brook, enterrée, coule dans sa forme dégradée post-industrielle? Environ 300 millions de dollars!

C’est là un point où la recherche de Lost Rivers semble plus qu’uniquement académique et devient plus directement activiste. Toronto ne remplacera pas toutes ses rues dans un futur proche, mais il y a des coûts récurrents dans le traitement de l’eau comme barrière à la croissance plutôt que comme ressource. Si les flux de cours d’eau comme Holly Brook étaient naturellement intégrés dans le tissu urbain, ils pourraient devenir un avantage naturel et social plutôt que de limiter la construction de la ville.

Avec des exemples comme celui-ci, le projet Lost Rivers vise à structurer la cartographie historique, la narration, la collecte d’images d’archives, la documentation sur l’infrastructure de l’eau et la responsabilité personnelle pour contribuer à un dialogue collectif sur la protection de la nature dans la ville (air, eau, terre, autres espèces et les uns les autres) d’une manière qui maintient la vie à travers ce siècle et au-delà.

À qui le “Ruban de verdure”? SIGH et les récits de la vallée de la rivière Edmonton et du système des ravines

Par Mo Engel, Shannon Stunden Bower, Andrew Tappenden, et William Van Arragon

Publié sur le site niche-canada.org

Nos collègues et amis de NICHE (Network in Canadian History & Environment) et The Otter/La Loutre viennent de publier un article intéressant sur un projet historique SIG basé à l’Université de l’Alberta. Ils l’ont généreusement offert pour l’afficher également ici. Les partenaires du projet partagent plusieurs des mêmes objectifs que nos efforts de Geohistory/Géohistoire et nous espérons travailler de plus près avec eux dans le futur.

Une partie de l’article se lit comme suit:

« L’objectif principal de notre projet est de comprendre les antécédents complexes et conflictuels de la vallée de la rivière Edmonton. Nous travaillons à cet objectif de plusieurs façons. Un effort majeur est axé sur la production d’un atlas numérique mettant en évidence les histoires moins connues de la vallée de la rivière Edmonton. Conçu comme un travail d’histoire publique et animé en partie par l’utilisation de Systèmes d’information géographique (SIG), l’atlas s’adresse au grand public. Au cours des dernières années, les participants au projet ont travaillé à développer une plate-forme conçue spécialement pour afficher des documents historiques (photos, documents, films, cartes, etc.) dans des récits spatiaux. La collaboration des informaticiens, des spécialistes en humanité numérique et des historiens a permis de produire des logiciels destinés à fournir un moyen plus satisfaisant de formuler des hypothèses sur la signification de processus spatiaux et historiques particuliers. Une fois fonctionnel, le logiciel sera diffusé dans un format open source. Cela permettra à des non-experts de déployer des outils SIG avancés au service de la recherche et de la diffusion communautaire. »

Demonstrating one of the capacities of our digital atlas, this clip integrates an 1882 Map of Edmonton as a tile layer with varying opacity over the current (2017) OpenStreetMap data. The annotated regions highlight 1882 state-sanctioned land ownership and are displayed in juxtaposition to the current land usage. All materials are in the public domain.
En démontrant ici l’une des utilités de notre atlas numérique, ce clip intègre une carte d’Edmonton de 1882 dans une couche avec une opacité variable par rapport aux données d’OpenStreetMap actuelles (2017). Les régions annotées mettent l’accent sur la propriété foncière sanctionnée par l’état en 1882 et son affichées en juxtaposition à l’utilisation actuelle des terres. Tous les matériaux sont du domaine public.

Vous pouvez lire l’article en entier ici (Anglais)

Utiliser Mapscholar.org pour mettre les cartes Murray du Canada (ca 1761) en ligne

Billet de S. Max Edelson, University of Virginia

Ce semestre, je mène un groupe d’universitaires de l’Université de Virginie dans un cours de sciences humaines collaboratif et par projet pour mettre les cartes Murray du Canada en ligne dans une exposition numérique dynamique. En tant que séminaire sélectif du Pavillon, cette « Pratique numérique dans l’histoire de la carte » est une expérience pratique qui combine la lecture, l’écriture et la discussion traditionnelle avec un atelier de développement des sciences humaines numériques. Cela implique un regard interdisciplinaire sur l’histoire de la cartographie, du design visuel, des sciences humaines numériques, de l’histoire publique et de l’histoire mondiale de l’empire.

Alors que les bibliothécaires analysent le contenu de leurs archives cartographiques, préservant des artefacts fragiles en créant des images de haute résolution, de nouveaux outils sont développés pour présenter ces objets historiques à un large public. L’un de ces outils est MapScholar, un outil en réseau pour la création de visualisations utilisant un navigateur web conçu pour illustrer les recherches en histoire de la cartographie. Avec le soutien de l’ACLS et du NEH, le chercheur Bill Ferster et moi-même avons construit MapScholar au SHANTI (Sciences, Humanities, and Arts Network of Technological Initiatives) de l’Université de Virginie. Mon objectif principal était de construire une plate-forme dynamique pour afficher quelque 300 cartes qui font l’objet de mon prochain livre, The New Map of Empire: How Britain Imagined America before Independence (Harvard University Press, 2017). Parmi les nombreuses cartes que j’ai examinées pour cette recherche, j’ai été intrigué par la collection de cartes Murray à la William H. Clements Library de L’Université du Michigan. Cette grande collection de manuscrits, qui est également détenue par la British Library et Bibliothèque et Archives Canada, a semblé être une source idéale pour être montrée et visualisée en ligne. Réunir toutes ses pièces disparates grâce au géoréférencement nous permet d’apprécier pleinement la portée et l’ambition de cette étude du XVIIIe siècle et du projet de cartographie.

Lorsque les forces britanniques ont occupé la Nouvelle-France en 1760, le gouverneur militaire du territoire, le général James Murray, a lancé une enquête approfondie sur ce qui deviendrait, après la cession officielle en 1763, la colonie britannique de Québec. L’incitation à cartographier le Québec venait des conceptions militaires plutôt qu’administratives. Murray s’attendait à ce que la province soit rendue à la France après la négociation de la paix et il voulait rassembler des informations stratégiques qui pourraient être utiles à une invasion future. Comme Murray l’a expliqué à William Pitt en 1762, avec ce sondage en main pour révéler les passages complexes le long des cours d’eau de la vallée du fleuve Saint-Laurent, la Grande-Bretagne « ne sera plus jamais perplexe quant à la manière d’attaquer et de conquérir ce pays en une seule campagne. » Murray a envoyé huit ingénieurs de l’armée pour mener des enquêtes sur différentes sections de la rivière. La carte composite qu’ils produisaient contenait 74 sections cartographiées séparément qui, lorsqu’elles étaient réunies, formaient une image interconnectée de 45 pieds le long et 36 pieds de hauteur. Représentant un espace à l’échelle de deux mille pieds par pouce, ces cartes figuraient parmi les cartes topographiques de la plus haute résolution produites par les arpenteurs du XVIIIe siècle. La conception des cartes de Murray comme profil stratégique de la province a été précisée par l’ajout de résumés démographiques qui énumèrent combien d’hommes capables de porter des armes vivaient dans chaque district.

Les conservateurs en cartographie Brian Dunnigan et Mary Pedley à la William L. Clements Library de l’Université du Michigan ont fourni des documents numériques à haute résolution de la carte Murray et ont rencontré les élèves de la classe par vidéoconférence pour nous aider à le développer. En participant au géoréférencement des cartes, à la conception de visualisations dynamiques, à l’enregistrement de métadonnées, à la gestion des ressources Web distribuées et à l’écriture d’essais et d’annotations qui fournissent un contexte et une interprétation, les élèves auront une expérience de première main dans le domaine des sciences humaines numériques.

Nous venons de commencer à géoréférencer la collection. Je vais fournir des mises à jour sur nos progrès dans une future publication.

S. Max Edelson est professeur agrégé à l’Université de Virginie au Corcoran Department of History .

Cartographiez votre histoire! Construire et partager une infrastructure de données spatiales historiques avec Keweenaw Time Traveler Project

Alors que le SIG historique (SIGH) est devenu une approche familière dans les sciences sociales et humaines (Gregory et Geddes, 2014), les tendances récentes de l’utilisation des SIG dans les sciences sociales ont requis des mises en oeuvre des SIGH qui peuvent appliquer des approches SIGH découlant de la datamasse (Big Data) à des questions de recherches plus qualitatives et, peut-être plus important encore, impliquer davantage le public. Les approches vont de permettre aux utilisateurs de contribuer à la recherche SIGH en utilisant des interfaces Web améliorées, telles que le New York Public Library’s Building Inspector, à l’expansion de la recherche qualitative SIGH (Olson, 2011; Lafreniere et Gilliland, 2015). Dans le monde des sciences SIG, les chercheurs ont développé des combinaisons d’outils qualitatifs et quantitatifs hybrides qui élargissent encore le potentiel de la recherche en SIG (Kwan and Ding, 2008; Jung et Ellwood, 2010). Ces derniers sont plus récemment devenus des sujets d’intérêt pour la communauté SIGH. Faisant parti de cette tendance,  Michigan Technological University’s Historic Environments Spatial Analytics Lab (HESAL) se prépare à lancer le Keweenaw Time Traveler project – combinant la dernière génération d’infrastructure de données spatiales historiques avec la technologie Web 2.0 et la diffusion publique de manière à favoriser des liens plus étroits entre la recherche et le public en rendant l’histoire à la fois amusante et accessible.

 

Notre sujet en bref: le Pays du Cuivre

Le Keweenaw Time Traveler Project (KeTT) apporte au public un SIGH régional axé sur le Pays du Cuivre du Haut-Michigan, une région du Midwest des États-Unis qui contient les plus grands gisements de cuivre pratiquement pur, élémentaire ou natif. Les Amérindiens ont exploité cette ressource pendant des milliers d’années; un boom de cuivre industriel subséquent au milieu du 19e siècle a conduit la région à devenir le plus grand fournisseur mondial de cuivre dans les années 1880, avec une population en croissance rapide et une infrastructure minière massive construite rapidement dans ce qui était une nature sauvage éloignée bien que spectaculaire. À la fin de la Première Guerre mondiale, les facteurs économiques associés au coût croissant de l’extraction ont entraîné une longue et lente baisse de l’économie minière du Pays du Cuivre, se terminant par la fermeture des dernières mines à la fin des années 1960. Lorsque l’activité minière a cessé, toute la région est devenue un vaste site d’archéologie industrielle, un paysage de vestiges. Aujourd’hui, la taille de la population n’est qu’une fraction de son sommet historique et la base économique du Pays du Cuivre se concentre maintenant dans les domaines du service et du tourisme. L’identité locale reste toutefois étroitement liée au patrimoine minier de Keweenaw et la région attire autant les visiteurs pour son histoire minière que pour sa beauté naturelle.

www.mapyourhistory.org
www.mapyourhistory.org

Construire la fondation du KeTT: Jeux de données et CC-HSDI

Le Keweenaw Time Traveler bénéficie de la richesse des données historiques trouvées dans son domaine d’activité géographique. Les plus grandes sociétés minières historiques de cuivre de la région, telles que les sociétés minières Calumet & Hecla ainsi que Quincy, figuraient parmi les grands géants industriels de leur époque. L’échelle de leur entreprise nécessitait une vaste infrastructure industrielle, ainsi que des villes de compagnies pour loger leurs travailleurs. Ces dernières devaient être conçues, construites et financées. Par conséquent, la plupart des villes et des grands sites miniers dans le Pays du Cuivre sont extraordinairement bien documentés sous la forme d’un vaste ensemble de plans d’assurance-incendie Sanborn (PAI), des cartes produites par les compagnies minières dont les détails surpassent même les PAI, des dessins et des bleus. À l’ère du paternalisme corporatif et des pratiques de gestion scientifique, les sociétés minières ont également largement documenté la vie de leurs travailleurs et de leurs familles. L’équipe de KeTT a commencé la numérisation d’une richesse sans précédent de dossiers détaillés sur le logement de l’entreprise, les dossiers des employés et les dossiers de santé qui fournissent beaucoup plus d’informations que les données de recensement standard. Ceux-ci sont combinés avec les données décennales du recensement du Minnesota Population Center, les annuaires commerciaux et téléphoniques et les dossiers scolaires afin de donner un aperçu unique et détaillé de l’histoire d’une région entière jusqu’au niveau de l’individu au cours d’un siècle.

Le coeur du projet est le Copper Country Historical Spatial Data Infrastructure (CC-HSDI) (Infrastructure de données spatiales historiques du Pays du Cuivre), une nouvelle implémentation de SIGH de nouvelle génération conçue pour faciliter la recherche quantitative et qualitative tout en favorisant l’engagement du public avec l’histoire locale et le concept de SIGH lui-même. À l’aide d’ArcGIS Desktop, ArcGIS Server et d’une base de données géospatiales PostgreSQL, le CC-HSDI comprend  une série de cartes en réseau (map service) ESRI constituées de cartes géoréférencées ou de PAI divisés en une série de tranches de temps à peu près égales aux années de recensement (en plus des collections de cartes plus petites pour les autres années). La construction de ce service de carte a présenté un défi initial pour l’équipe de KeTT, car la taille de chaque service de carte (représentant une seule ville et une seule année) exigeait des dizaines de gigaoctets et nécessité la création d’un serveur dédié PostreSQL au Michigan Tech. L’expansion ultérieure de la HSDI nécessitera que ces services migrent vers une installation de serveur à échelle industrielle hors site (Amazon AWS) dans un avenir rapproché.

L’environnement historique de chaque tranche de temps construit dans le CC-HSDI est ensuite numérisé à la main à partir des cartes en réseau, ce qui donne lieu à plus de cent mille polygones d’empreinte immobilière (ainsi que des routes, des lignes ferroviaires et quelques autres éléments d’infrastructures). Ces fichiers SIG de polygones servent de point d’ancrage géographique pour toutes les données historiques non cartographiques du CC-HSDI que nous avons mentionnées précédemment et constituent « l’étape de l’environnement bâti » du HSDI (suivant le modèle de Lafreniere et Gilliland, 2015). Cette étape comprend non seulement l’empreinte du bâtiment elle-même, mais d’autres données pertinentes transcrites des PAI, y compris l’aménagement spatial, les adresses et un certain nombre d’histoires pour chaque bâtiment.

Liées à l’étape de l’environnement bâti, les bases de données géospatiales comprennent des sources non cartographiques comprenant les données de recensements, les répertoires d’entreprises, les annuaires téléphoniques et les dossiers d’entreprises et d’écoles. Ces enregistrements capturent l’environnement social de chaque tranche de temps avec des détails incroyables, comprenant par exemple la liste des élèves du primaire qui ont été vaccinés ou le profil médical des employés de l’entreprise minière. Associé aux données du recensement et aux données du répertoire des entreprises qui sont déjà des éléments de base de SIGH, cette « étape de l’environnement social » (selon Lafrenière et Gilliland, 2015) représente non seulement un pas en avant de la capacité des SIGH à contribuer à la recherche qualitative sur les environnements sociaux, mais fournit au public une multitude d’informations locales qui favorisent une connexion personnelle avec les SIGH.

The KeTT prototype web apps, developed in ArcGIS Online Web AppBuilder, allowed the team to gain valuable experience in developing requirements for the forthcoming full public launch of the KeTT Project.
Les applications web prototypes du projet KeTT développées dans ArcGIS Online Web AppBuilder ont permis à l’équipe d’acquérir une expérience précieuse dans le développement des exigences pour le prochain lancement public du projet complet de KeTT.

Sensibilisation et collaboration publiques: Le Keweenaw Time Traveler

Alors que CC-HSDI est un outil de recherche inestimable à part entière, le projet KeTT sert à faire découvrir au public une nouvelle façon de visualiser leurs environnements passés. Cela se fait grâce à l’utilisation d’applications Web. Chaque application représente une autre façon d’explorer ou de contribuer au SIGH. Le KeTT développe actuellement quatre applications Web différentes qui permettent au public d’interagir et de contribuer au HSDI. Ces applications Web fournissent à l’utilisateur des tâches allant des exercices d’interaction de carte historiques à faciliter la narration plus complexe :

  • Enregistrement de l’environnement construit avec le matériel de construction (en utilisant les codes de couleurs du plan d’assurance incendie)
  • Identifier et enregistrer le type d’utilisation général (structure d’habitation, commercial, institutionnel)
  • Transcrire un texte de carte descriptif pour les bâtiments individuels
  • Contribuer en fournissant des histoires personnelles et des souvenirs sur des endroits spécifiques sur les cartes historiques

Initialement, l’équipe a utilisé le Web Appbuilder de ArcGIS Online pour créer et tester ces applications pour le KeTT. Les applications ArcGIS en ligne sont une excellente ressource pour les chercheurs en SIGH cherchant à partager des données avec le public. Les chercheurs ayant peu ou pas de connaissance en programmation peuvent rapidement convertir des données SIG en applications Web personnalisables, accessibles au public et qui profitent de l’infrastructure dorsale robuste d’ArcGIS Online. Cependant, les grands ensembles de données matricielles peuvent devenir coûteux à partager de cette façon, car la mise en place d’outils d’analyse géospatiale consomment des crédits ESRI. Après avoir construit plusieurs prototypes, l’équipe de KeTT a également réalisé qu’ils voulaient plus de contrôle sur les interfaces de l’application et sur la logique de programmation sous-jacente que les options offertes par le Web AppBuilder. Cela impliquait l’embauche d’un programmeur et le développement d’applications Web personnalisées en version JavaScript qui utilisaient la carte ESRI et les services de fonctionnalité de CC-HSDI. Malgré cela, ArcGIS Online Web AppBuilder s’est révélé inestimable pour la création de prototypes d’applications et a permis à l’équipe de développer des idées plus claires sur l’apparence des applications Web finales.

Le projet GRACE

Le projet KeTT a mis l’accent sur la sensibilisation et la participation du public comme composante essentielle de la construction du SIGH et non comme une ultime étape de diffusion ou d’utilisation finale. Les applications web ont permis d’atteindre cet objectif. Le projet  GRACE de l’été dernier a servi d’exemple du potentiel du projet KeTT. Le projet G.R.A.C.E. (GIS Ressources and Applications for Career Education project) (Ressources SIG et Applications pour le projet d’éducation professionnelle) est une collaboration financée par la NSF impliquant Dr. Yichun Xie, PhD, professeur/ directeur au Institute of Geospatial Research and Education de Easter Michigan University, Dr. Don Lafreniere chez HESAL de MTU, l’Université virtuelle du Michigan ainsi que plusieurs organisations SIG professionnelles à l’échelle de l’État. Le financement permet de dispenser une formation pratique sur l’utilisation des SIG aux étudiants et aux enseignants des communautés économiquement désavantagées. L’été dernier, le projet GRACE s’est associé au Keweenaw National Historic Park pour offrir des activités au Pays du Cuivre. Les stagiaires recrutés dans les écoles secondaires locales ont rejoint le HESAL du MTU à Houghton, Michigan, pour numériser les principales parties de l’environnement bâti de KeTT à partir des plans d’assurance incendie de Sanborn. Au cours du stage, les étudiants de GRACE ont non seulement appris à acquérir des compétences en SIG, mais ont également exploré l’histoire de leur communauté locale à un niveau de détail auquel peu de personnes ont accès. À la fin du stage, les stagiaires ont utilisé StoryMaps d’ArcGIS Online pour partager des parties de leur histoire locale qu’ils ont trouvées les plus intéressantes pendant leur travail avec les membres du public. L’équipe de KeTT estime que le projet GRACE était un excellent moyen d’impliquer la communauté locale de manière à offrir des avantages réels et à générer de la publicité dans le processus.

 

The GRACE project took high school students into the lab and field, helping to build the Copper Country HSDI while also using it to explore the historical built environment of their local community and, ultimately, to share their experiences through public presentations.
Le projet GRACE a permis aux élèves du secondaire de travailler dans le laboratoire et sur le terrain, en aidant à construire le HSDI du Pays de Cuivre tout en l’utilisant pour  explorer l’environnement bâti historique de leur communauté locale et, en fin de compte, partager leurs expériences par le biais de présentations publiques.

Prochaines étapes

Bien que beaucoup ait été accompli jusqu’à présent, le projet KeTT commence tout juste à se prendre son envol. Nous prévoyons dévoiler le projet au public ce printemps en remplaçant les applications Web bêta actuelles sur le site Web du projet par des applications Web complétées et personnalisées qui permettent au public d’explorer, d’interagir avec et de contribuer au Keweenaw Time Traveler. La sortie des applications finales coïncidera avec une nouvelle saison des activités de sensibilisation de l’équipe KeTT en partenariat avec Keweenaw National Historic Park et Keweenaw Heritage Sites afin de sensibiliser le public au projet. En plus du projet GRACE en cours, nous proposons des kiosques à écran tactile personnalisés à de nombreux événements publics autour de Keweenaw qui permettent aux utilisateurs d’utiliser les applications Web KeTT avec l’aide des membres de l’équipe KeTT et des partenaires. Restez à l’écoute sur www.mapyourhistory.org!

Références

Gregory, I. N. et Geddes, A. (2014). Toward spatial humanities: Historical GIS and spatial history. Bloomington: Indiana University Press.

Jung, J.-K. et Elwood, S. (2010). Extending the Qualitative Capabilities of GIS: Computer-Aided Qualitative GIS. Transactions in GIS, 14, 1, 63-87.

Kwan, M.-P. et Ding, G. (2008). Geo-Narrative: Extending Geographic Information Systems for Narrative Analysis in Qualitative and Mixed-Method Research. The Professional Geographer, 60, 4, 443-465.

Lafreniere, D. et Gilliland, J. (2015). “All the World’s a Stage”: A GIS Framework for Recreating Personal Time-Space from Qualitative and Quantitative Sources. Transactions in GIS, 19, 2, 225-246.

Olson, S. et Thornton, P. A. (2011). Peopling the North American city: Montreal 1840-1900. Montreal: McGill-Queen’s University Press.

Donner une nouvelle vie aux anciennes données SIG historiques

Les avantages de la « longue traîne » des données des projets Ontario Historical County Map Project et Don Valley Historical Mapping Project

La plupart des universitaires qui ont écrit sur les SIG historiques ont discuté du coût élevé de la construction de projets SIGH (Gregory et Ell, 2007). La construction d’un projet SIG est un effort couteux. Cependant, peu ont mentionné les avantages de la nature continue ou de la durée prolongée de certains projets et des avantages à long terme des données issues des projets. Le Ontario Historical County Map Project (OCMP) et le Don Valley Historical Mapping Project (DVHMP) sont deux projets qui ont profité de la « longue traîne » de leur existence afin de continuer à développer et à exploiter des applications utiles ainsi que d’utiliser des données historiques construites depuis longtemps (ou en cours de construction).

Le OCMP a été conçu quelques années après la publication du célèbre Canadian County Atlas Project aux bibliothèques de l’Université McGill à la fin des années 1990. Les cartes de comté du XIXe siècle ont généralement été publiées plus tôt que les atlas de comté. Le projet Atlas se concentre uniquement sur les cartes liées et l’OCMP se concentre uniquement sur les cartes antérieures de grand format. Toutefois, comme le projet Atlas, le County Map Project vise principalement à permettre d’interroger les noms des occupants des terrains figurant sur les cartes et d’afficher les noms sur les images des cartes historiques.

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Canadian Historical County Map Project résultat d’une recherche par nom dans la planche de la municipalité d’Etobicoke, York County Atlas, 1878

Bien que le projet de McGill n’utilise pas de technologie SIG pour afficher des informations sur les noms, il a profité de la technologie Web pour faire la mise en page des images des atlas et de la programmation PHP pour lier les emplacements d’images dans la base de données des noms des propriétaires fonciers. Le projet Atlas nous a certainement inspirés dans l’élaboration du Ontario Conunty Map Project.

Contrairement au projet Atlas, l’OHCMP a été un projet SIG dès le début. Cependant, comme pour le projet Atlas, nous voulions également veiller à ce que les utilisateurs du County Map Project puissent bénéficier de la technologie Web pour visualiser les cartes et les données SIG. Étant une base de données SIG, une nouvelle méthode de diffusion devait être utilisée.

Les tests préliminaires de la technologie Web étaient « pré-Google » et utilisaient ce qui est maintenant un logiciel archaïque de cartographie Web. Lors de notre première tentative en 2004, nous avons utilisé ArcIMS (Internet Map Server) d’Esri, mis à notre disposition dans le cadre de notre licence de campus avec Esri Canada. Nous avons chargé notre base de données entière dans ArcIMS qui, à l’époque, était composée uniquement des comtés de Waterloo et Brant. À notre surprise, nous avons pu construire un outil de requête sophistiqué et avons réussi à afficher les cartes de comtés numérisées et géoréférencées sur l’application en ligne.

 

Ontario Historical County Map Project rendered in Esri’s ArcIMS software
Ontario Historical County Map Project rendu dans le logiciel ArcIMS d’Esri

Tout en produisant des résultats relativement impressionnants pour l’époque (si quelqu’un était suffisamment patient pour attendre les résultats d’une requête ou d’un zoom in ou d’un zoom out), il était clair que cette configuration était moins idéale, car le logiciel était extrêmement difficile à installer, très lent à rendre les résultats et nous a donné des difficultés à trouver un espace serveur adéquat sur lequel installer en permanence le logiciel. En raison des limitations des logiciels disponibles, la partie du projet qui consistait à développer une carte Web avec les noms des occupants fonciers a été mise en veilleuse. Bien sûr, Google Maps a changé l’ensemble du paysage de la cartographie Web en 2005. Bien que beaucoup aient adopté Google Maps pour afficher leurs données sur le Web, nos tentatives ont été entravées par la grande taille de notre base de données des occupants. Alors que, à l’époque, MySQL était souvent utilisé pour travailler avec le PHP et Google API, la conversion de notre base de données géospatiale en une base de données MySQL aurait été un recul dans le développement SIG du projet.

D’autres tentatives plus récentes d’utilisation de la technologie de cartographie Web en 2013 incluaient également une configuration Mapserver avec OpenLayers et une base de données géospatiale PostgreSQL utilisant PostGIS. Bien que les données shapefile devaient être converties en PostGIS, cette configuration a au moins permis la maintenance de notre base de données dans un environnement SIG, contrairement à l’utilisation de MySQL. La carte Web qui en a résulté était très prometteuse, mais nécessitait un peu de codage et de manipulation. N’ayant aucun programmeur dans l’équipe ou aucun fonds pour en embaucher un, la programmation de l’application était limitée à un congé de recherche de six mois et aux rares journées tranquilles à la Map and Data Library. Sans un programmeur, il était clair qu’il ne s’agissait pas d’une solution idéale et qu’il faudrait des années pour terminer le projet.

Openlayers-Mapserver-PostGIS rendition of the Ontario Historical County Map Project
Openlayers-Mapserver-PostGIS, rendu du Ontario Historical County Map Project

Pendant de nombreuses années, j’ai ignoré ArcGIS Online que je considérais comme un projet très lourd d’Esri pour des projets moins ambitieux. Je me demandais comment on pouvait construire un outil en ligne avec des fonctionnalités SIG et amener les gens à s’y intégrer. Cependant, sa popularité a grandi tellement parmi nos utilisateurs de l’Université de Toronto que j’ai finalement eu besoin d’apprendre à l’utiliser pour pouvoir offrir du support technique. Quelle meilleure façon de m’enseigner comment utiliser ArcGIS Online que d’y verser les données du projet County Map Project? À ma grande surprise, ArcGIS Online n’était pas seulement amusant et plein de fonctionnalités en SIG et cartographie Web, il a également implanté l’application Web AppBuilder. Outre des dizaines de modèles StoryMaps, Web AppBuilder vous permet de rendre vos données SIG dans une interface Web où vous pouvez ajouter des widgets personnalisables qui fonctionnent très bien, même dans les navigateurs mobiles. Être capable d’interroger ou filtrer les 80 000 noms de notre base de données a été un critère clé pour l’adoption de toute technologie Web pour le projet. ArcGIS Online répond à ce critère fondamental, et a également permis le rendu d’images de haute résolution des cartes de comté numérisées. La facilité d’utilisation et la personnalisation des applications Web sans programmation sont également de bons points de vente. D’autres widgets amusants et utiles incluent l’utilisation de lignes de temps animées des données et d’un outil de navigation qui permet de visualiser deux ensembles de données l’une par-dessus l’autre et de glisser une barre d’outils pour basculer entre les affichages.

ArcGIS Online version of the Ontario Historical County Map Project with Querying tool display
Version ArcGIS Online du Ontario Historical County Map Project avec l’affichage de l’outil de recherche

Adopter ArcGIS Online en tant qu’outil de cartographie Web a permis au projet d’être présenté au public où les utilisateurs peuvent effectivement profiter des données construites au cours des 15 dernières années. Je n’ai jamais pensé que nous aurions une solution de cartographie Web avant de terminer la base de données, mais dans l’ensemble, je suis très content de la plupart des fonctionnalités de l’application Web à ce stade, car notre base de données continue de croître et nous continuons à compiler plus de noms de propriétaires fonciers à partir des cartes de comté historiques. Fait intéressant, pendant l’écriture de ce billet, j’ai reçu trois messages sur le projet et des demandes d’informations supplémentaires auprès des utilisateurs du site de County Maps. Sans mettre nos données à disposition de cette manière, je doute que notre projet ait attiré tant d’attention.

Inspiré par notre succès avec l’outil de création d’applications Web, j’ai décidé de créer une application pour le DVHMP et j’ai constaté que les données que nous avions construites il y a plus de sept ans ont vraiment pris vie sur le Web. Être capable d’interroger les données et de rendre les données de polygone et de point ensemble dans une vue sur le Web est motivant.

ArcGIS online n’est évidemment pas le seul outil qui a profité de la cartographie web et des avancées de l’informatique « en nuage » pour permettre aux utilisateurs de créer leurs propres applications de cartographie web. Les produits tels que Mapbox augmentent également en popularité en raison de leur facilité d’utilisation, de leurs fonctionnalités puissantes et personnalisables ainsi que de l’attrait du produit cartographique final.

La cartographie Web existe depuis les années 1990, mais avec de nouvelles technologies avancées de cartographie Web comme ArcGIS online et Mapbox, il est peut-être temps pour de nombreux autres ensembles de données SIGH inactifs ou longtemps oubliés d’être retirés des disques durs et des clés USB et leur redonner une nouvelle vie en les affichant dans des cartes Web créées facilement. Je suis ravi de penser à voir éventuellement les données de Montréal Avenir du Passé, par exemple, rendues disponibles en les affichant sur une carte Web pour que tout le monde puisse interagir avec elles.

Le Partenariat canadien SIGH étudie de nombreux outils de cartographie Web et des méthodes de visualisation. Nous travaillons également avec Esri Canada, dans le cadre du projet GeoHist, pour fournir des exigences SIGH spécifiques aux outils de cartographie en ligne. Avec les composants puissants déjà disponibles dans ArcGIS online, Mapbox et d’autres outils de cartographie web, l’avenir de la cartographie web pour les SIGH est très intéressant et accessible à toute personne intéressée à les développer sans avoir à coder.

Références :

Gregory, Ian., et Paul S. Ell. Historical GIS: Technologies, Methodologies, and Scholarship. New York: Cambridge University Press, 2007.

Mise à jour sur le site pilote de cartographie web en SIG historiques

En juin dernier, lors de notre conférence de mi-mandat, nous avons présenté les résultats préliminaires de notre recherche sur les méthodes de géovisualisation des SIG historiques au Canada. Plusieurs présentations présentées cette journée-là sont disponibles sur ce cite Web, via le document de programme avec les liens intégrés disponible ici. (faites défiler jusqu’à la mise à jour du livre blanc : SIGH Géovisualisation (Byron Moldofsky)). Depuis ce temps, nous avons travaillé sur des révisions à la revue de cette recherche et nous avons également décidé de remplacer le titre de « livre blanc » par « document de travail », reflétant ainsi le caractère exploratoire de certaines recherches et la nature spéculative des résultats. Le document de travail complet est maintenant disponible via ce lien.

Le document peut paraître long, mais n’oubliez pas que les deux tiers du texte sont une reproduction du questionnaire en ligne que nous avons distribué (annexe 3 : Enquête sur les besoins des usagers en cartographie historique au Canada) et la présentation détaillée de certains résultats de cette enquête (Partie 4 : Résultats de l’Enquête sur les besoins des usagers en cartographie historique au Canada). Beaucoup d’entre vous ont répondu à ce sondage en ligne, vous pourriez être intéressés par ce que vos pairs ont dit, dans l’ensemble et dans les commentaires sélectionnés. Merci encore d’avoir partagé vos expériences et vos idées.

 

La section “Résultats…” est le principal ajout à ce qui a été présenté en juin dernier avec une partie plus développée : « Partie 5 : prochaines étapes : Développer les principes de pratique et les activités de cartographie Web en SIGH au Canada et planifier leur mise en œuvre par le biais du site Web pilote du Partenariat. » (p.45-48). Dans cette section, nous proposons des principes de pratique afin de développer notre projet collaboratif en ressources de cartographie Web. J’aimerais les mettre en évidence ici :

  1. Encourager la préservation à long terme et le partage des données et des cartes
  2. Encourager la visualisation à la fois pour la présentation, l’exploitation et l’analyse des données
  3. Encourager la transparence du processus de cartographie Web grâce à de bonnes métadonnées et à la documentation
  4. Encourager plusieurs plateformes à la fois techniques (OS, navigateurs) et de cartographie (y compris les technologies propriétaires et FOSS4G)
  5. Travailler en collaboration pour éviter le travail en double et la concurrence entre les collaborateurs actuels et les partenaires potentiels.

Ces principes sont issus de mon interprétation des réponses à l’Enquête sur les besoins des utilisateurs et la discussion entre les membres du projet lors des réunions, y compris la réunion de mi-parcours en juin dernier. J’aimerais beaucoup recueillir la réaction des utilisateurs potentiels et des collaborateurs. Vous êtes donc invités à répondre par courrier électronique ou dans la section commentaires ci-dessous.

Les principes, cependant, ne sont pas d’une grande utilité sans un plan pour les mettre en œuvre. Le document de travail propose une approche tripartite pour appuyer les objectifs de cartographie Web du projet SIGH :

(Proposé) activités pour le développement du site pilote de cartographie web du Partenariat canadien SIGH :

  1. Cadre d’évaluation analytique : ensemble de questions à examiner et à évaluer pour décider de l’approche et de la technologie de la cartographie web historique.
  2. Profils technologiques de cartographie web historique : comparaison descriptive standardisée de technologies incluant des comptes rendus
  3. Exemples comparatifs d’approches de cartographie web : exemples de projets de cartographie web historique utilisant les mêmes données et citant les mêmes objectifs, mais utilisant des technologies différentes.

Ces trois approches sont exposées en détail dans la dernière partie du document de travail (partie 5, p.45-48) avec des résultats tangibles proposés pour chacun d’eux. Si vous avez le temps, jetez un coup d’œil à cette dernière section qui décrit les activités de ce projet pilote et vous propose des exemples de données et faites-moi savoir si vous avez des préoccupations ou des suggestions dans la section Commentaires ci-dessous, ou par courriel personnel.

Comme nous le savons tous, ces activités peuvent demander beaucoup de temps et de ressources. Nous sommes parvenus à un consensus selon lequel la priorité devait être accordée, du point de vue de la cartographie web, au point 3 (Exemples comparatifs d’approches de cartographie Web) sans toutefois négliger complètement les deux autres activités. Au cours des derniers mois du projet, nous travaillerons à créer des exemples de projets en ligne pour plusieurs ensembles de données proposées dans le document. Nous avons déjà commencé et nous avons engagé certains de nos partenaires et collaborateurs pour obtenir des données et de l’assistance technique. Nous allons essayer de fournir un ou deux rapports d’avancement via ces billets dans la section Nouvelles dès que nous aurons une cartographe web soignée à vous présenter.

Enseigner les SIG historiques et restaurer les communautés perdues en classe

Ce texte fait partie d’une série d’articles sur l’utilisation des systèmes d’information géographique historiques (SIGH) pour l’enseignement et la recherche en histoire de l’environnement et de la géographie historique. Il s’inscrit dans le cadre d’une collaboration entre la Nouvelle initiative canadienne en Histoire de l’Environnement (NiCHE) et le Partenariat canadien en systèmes d’information géographique historiques. D’autres articles de la série sont disponibles ici. Si vous souhaitez contribuer à cette série, s’il vous plaît contactez les éditeurs Josh MacFadyen ou Jennifer Bonnell.

Les Canadiens sont en position de force dans le domaine de l’analyse géospatiale depuis l’élaboration de l’inventaire des terres du Canada et du premier système d’information géographique (SIG) au monde dans les années 1960 et 1970. De même, les historiens et les géographes ont fait de grands progrès dans la recherche sur les systèmes d’information géographique historiques (SIGH) au cours de la dernière décennie, comprenant plusieurs projets de NiCHE, une collection éditée en 2014 et le Partenariat canadien SIGH. Le Canada est grand. Et de façon typiquement moderniste, les scientifiques d’après-guerre, qui essayaient de le comprendre, ignoraient la connaissance des populations rurales, nordiques et autochtones qui comprenaient leur territoire. Au lieu de cela, les scientifiques se sont tournés vers des outils numériques comme les SIG pour examiner et mesurer la nation. Dans ce que nous croyons être une approche post-normale et intégrative, les historiens qui utilisent ces logiciels critiquent également les processus normatifs qu’ils ont aidés à créer. Mais le Canada est encore grand; ses bibliothèques, ses étudiants et d’autres ressources de connaissances sont très éloignés. Nos communautés de chercheurs emploient des outils numériques pour collaborer et communiquer les résultats à travers le continent. Ce billet met l’accent sur les étudiants qui utilisent ces outils et les nouvelles façons dont les historiens enseignent les SIG historiques en ligne. Cela a donné un coup d’envoi à une série de textes écrits par des collaborateurs de NiCHE et du Partenariat canadien SIGH sur les outils et les analyses géospatiales utiles pour les historiens canadiens.

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